Chateau de Chambord (photo Dominic Hofbauer)

« Chambord oblige à prendre l’architecture au sérieux. Le mobilier ancien, les souvenirs historiques qui accaparent trop souvent l’attention des visiteurs, ne comptent guère dans ce château immense et vide, qui ne fut presque jamais habité. Rien n’y distrait de l’essentiel : les murs de pierre, qui expriment à leur façon une pensée. »  (Jean Guillaume)

Introduction


Tandis que Christophe Colomb découvre un monde nouveau et que Copernic fait tourner la terre autour du soleil, l’aube du XVIe siècle voit naître, en France, la rencontre féconde d’un jeune prince fougueux avec les arts et le pouvoir.

Dès son couronnement en 1515, François 1er part à la reconquête des terres de l’Italie du Nord, et le triomphe à Marignan ouvre son jeune règne par une victoire insigne. S’ajoutant à l’influence des bâtiments antiques, des palais et villas du « Quattrocento » et aux talents d’artistes Italiens qui franchissent les Alpes à l’invitation du roi de France, les nouvelles richesses que promettent les Amériques, la recherche de confort et la volonté du roi de marquer son pouvoir par des symboles tangibles sont, alors, les moteurs de la construction des châteaux.

Parmi les nombreux chantiers qu’ouvre le « roi bâtisseur » durant son long règne, celui de Chambord compte parmi les plus ambitieux. Bâti à quelques lieues de Blois, en Sologne, le palais de François 1er est l’une des plus singulières constructions que le siècle de la Renaissance nous ait laissées. Ses mensurations inouïes en font alors le plus vaste palais civil connu. Que dire de la clarté géométrique de son plan, de l’harmonie de ses proportions, de la fantaisie de ses toitures hérissées de tourelles, de cheminées et de lucarnes vertigineuses, de la silhouette improbable de ce palais abandonné avant d’être véritablement achevé ?

En de rares occasions, toutefois, les galeries et les escaliers de Chambord ont résonné des exclamations d’ambassadeurs et d’empereurs subjugués, dont celles d’un Charles Quint ébahi, accueilli en décembre 1539 dans le palais aux tourelles et aux clochetons dorés pour l’occasion.

Chambord, la façade arrière du château
Cinq siècles plus tard, les nombreux historiens de l’art à s’être penchés sur cet édifice inclassable ne s’en sont pas relevés moins perplexes et, aujourd’hui encore, la navrante dispersion des précieuses archives relatives à la construction de Chambord engage peu à adopter le ton de la certitude. Ainsi, on ignore toujours qui fut l’architecte de cette construction étrange, à la fois prodigieuse et inhabitable – si tant est que quelqu’un ait véritablement joué ce rôle. Pis, de nombreuses anomalies suggèrent que l’édifice actuel dérive d’un projet originel abandonné, qui constitua néanmoins le projet d’exécution de Chambord, lors de l’ouverture du chantier vers 1519. Ces anomalies soulèvent une question essentielle : à quoi le premier Chambord - celui dont Léonard de Vinci pourrait être l’auteur - aurait-il alors ressemblé si les plans originaux n’avaient pas été modifiés ?

Parmi les tentatives de restitution de ce « projet perdu », une hypothèse présentant un étrange édifice giratoire vit le jour en 1973. Elle fut accueillie avec scepticisme, et jugée « indéfendable » par les chercheurs et les historiens de cette époque.

Trente cinq ans plus tard, ce site raconte comment de jeunes chercheurs ont mobilisé des financements, et des techniques archéologiques encore récentes ou rares, en quête du projet originel disparu. Les résultats des travaux menés par une équipe mêlant guides du château, archéologues, architectes, géomètres, géoarchéologues et géophysiciens livrent aujourd’hui un cortège conséquent de relevés, de données et de plans inédits, dont les chercheurs n’avaient pu disposer jusqu’alors. En s’approchant des premières phases de construction du monument, l’étude attentive du bâti a permis de déterminer une chronologie plus précise, ébranlant au passage les hypothèses en vigueur sur la genèse du château.

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La façade arrière du château, vue depuis l'ouest

 

AccueilIntroductionLa disparition des archivesUn donjon presque parfaitLe projet perdu : les hypothèses1519, l'ouverture du chantierLes premières maçonneriesLes fosses apparentéesRetournement de situation
L'ombre de Léonard ?
Conclusion

La découverte de nouvelles fosses
Les signes lapidaires
Les objets découverts
Les prospections géophysiques

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